Richard Bona

Richard Bona

Richard Bona

Richard Bona est né en 1967 à Minta, près de Nanga Eboko dans l’Est du Cameroun. il s’initie dès l’âge de cinq ans au balafon, un xylophone en bois, au sein d’une famille de musiciens. Après avoir fait danser dans les cabarets de Douala, il émigre en Europe à 22 ans et poursuit des études de musique au conservatoire de Versailles. Il joue régulièrement dans les clubs de jazz où il croise le violoniste Didier Lockwood, Jacques Higelin ou encore Manu Dibango. En 1995, sans emploi stable, il est expulsé de France.

Il part alors pour New York et rencontre quelques-uns des plus grands musiciens de jazz. D’abord reconnu sur la scène musicale internationale comme un bassiste réputé, il mène une carrière de chanteur solo depuis la sortie de son premier album en 1999. « Mon boulot n’est pas aussi compliqué qu’on peut le croire.

Je me contente de prendre les mélodies qui flottent dans l’air ou dans ma tête, et je les chante avec ma basse. Alors faut-il vraiment mettre une étiquette dessus, dire que c’est du jazz, du rock ou de la world music ? » « Cette déclaration de Bona, l’un des créateurs les plus en vue du moment, a le mérite de décrire en termes simples l’ambition éclectique des musiques actuelles.

L’un des épiphénomènes les plus intéressants de la globalisation de l’économie aura été l’émergence récente de courants musicaux ouverts sur le monde, portés par des artistes soucieux de s’affranchir des catégories imposées depuis trop longtemps par l’industrie du disque.

Avec le rétrécissement d’une planète brusquement rendue accessible aux envies de tous, on a pu voir émerger de lieux improbables les nouveaux acteurs de la création, ainsi que l’illustre le parcours surprenant de Richard Bona. À 37 ans, ce natif de la partie orientale du Cameroun revendique trois décennies d’une expérience artistique qui l’aura conduit sur tous les continents.

Il avoue avoir ouvert les yeux sur l’opulence sonore du décor qui l’entourait le jour où son grand-père s’est invité chez lui le temps d’une répétition à la tête de son orchestre. La suite ressemble à s’y méprendre au parcours initiatique des chanteurs de blues du Mississippi : l’apprentissage du chant à l’église dans le décor luxuriant d’une spiritualité exubérante, la poésie du quotidien que l’on apprivoise à l’aide d’instruments de percussion improvisés et d’une guitare artisanale, la rencontre avec le public à l’aube de l’adolescence, dans le décor bigarré de petits bars de quartier ?

De fil en aiguille, Richard découvre le jazz dans un club de Douala et se familiarise avec la diversité des instruments attachés à la plus universelle des musiques afro-américaines. La basse, gardien du temple du rythme et de la mélodie, retient définitivement son attention lorsqu’il découvre l’album Jaco Pastorius, chef d’oeuvre introductif au génie du bassiste virtuose de Weather Report.

Cette révélation sert de détonateur à la carrière de Bona qui gagne Paris où il mène une double vie musicale, entre les concerts donnés avec le violoniste Didier Lockwood et l’épanouissement de ses racines, nourries au contact de Salif Keita et Manu Dibango. Ce syncrétisme reste de mise lorsqu’il s’installe à New York au milieu des années 1990.

Avec Joe Zawinul et les hommages hebdomadaires qu’il consacre à Pastorius dans le cadre intimiste de l’Izzy Bar, c’est le culte de Weather Report qu’il célèbre, tout en offrant son imaginaire, sur scène comme en studio, à un véritable who’s who de la scène américaine : Carlos Santana, Harry Belafonte, Randy Brecker, Herbie Hancock, Pat Metheny, Bobby McFerrin? L’étape suivante consiste à consigner sur disque une première série d’impressions musicales.

Enregistré dans l’excitation du moment, Scenes from My Life donne le ton d’une créativité sans frontière qui s’appuie largement sur l’expérience du quotidien. Cette même vision habitera ses recueils suivants, Reverence et surtout Munia: The Tale, récemment récompensé par une Victoire du Jazz. Poly-instrumentiste inspiré, Bona façonne de sa voix fragile des compositions personnelles aux fortes connotations camerounaises, évocatrices de la vie.

Qu’il s’agisse de défendre l’intégrité de la planète, de sacrifier au rêve de la paix ou de garder la tête haute face au temps qui passe, Richard puise son inspiration dans la multiplicité des registres – jazz, salsa, ballade, funk, blues – qui ont su toucher son âme. « Mes chansons sont inspirées de ma propre histoire, mais c’est avant tout notre destin qu’elles évoquent », explique-t-il. En cela, sa musique touche à l’absolu de l’expérience humaine avec une justesse qui ne peut laisser indifférent. » Texte de Sebastian Danchin

Tournai Jazz Jukebox

Nos sponsors/partenaires

Logo footer Maison de la culture
Logo footer Fiftyone
Logo footer Fédération Wallonie Bruxelles
Logo footer Wallonie
Logo footer Tournai
Logo footer Sabam
Logo footer Artemia
Logo footer Notélé
Logo footer Grafdesign
Logo footer La première
Logo footer Musiq3
Logo footer Fnac
Logo footer L'avenir
Logo footer Proximag
Logo footer Winforlife
Logo footer CFAT
Logo footer Conservatoire de Tournai
Logo footer Fonds Claire et Michel Lemay
Logo Brasserie Dubuisson
Logo footer Foyer Socioculturel d'Antoing
Logo footer Jaguar Tournai
Logo footer Si jamais
Logo footer Landrover Tournai
Logo footer Magic Mirrors
Logo footer Mediakod
Mediakod Copyright Tournai Jazz asbl 2017